Alimentation

Foin, granulés, légumes et vitamine C : ce qui compose vraiment une bonne ration.

Un cobaye mange presque sans arrêt, et c'est normal : son transit ne fonctionne que poussé par ce qui entre. Douze heures sans ingestion et la stase digestive s'installe. Toute la ration se construit autour de cette contrainte, avec un aliment dominant qui écrase les autres en volume.

Le foin, 80 % de l'assiette

Le foin doit rester disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en quantité illimitée. Il use les incisives et les molaires, qui poussent toute la vie de l'animal, et il apporte la fibre longue sans laquelle le cæcum s'arrête. Un cobaye adulte en consomme grosso modo son propre volume corporel chaque jour.

Le foin de Crau, seul foin de France protégé par une appellation d'origine contrôlée depuis 1997, reste la référence pour sa tige fine et son parfum. Les foins de fléole (timothy) et de dactyle font très bien l'affaire. Ce qu'il faut regarder tient en trois gestes : la couleur vert clair, l'odeur sèche et sucrée, l'absence de poussière au fond du sachet. Un foin gris, chaud ou moisi part à la poubelle, pas dans la mangeoire.

La luzerne fait exception. Trop riche en calcium et en protéines, elle se réserve aux jeunes de moins de six mois, aux gestantes et aux convalescents. Servie à un adulte, elle alimente la formation de calculs urinaires d'oxalate de calcium.

Granulés : extrudés, jamais en mélange

Les mélanges colorés à composants séparés sont un piège commercial. Le cobaye trie, avale les graines et les flocons gras, laisse les granulés verts, et se retrouve carencé au milieu d'une gamelle pleine. Les granulés extrudés, tous identiques, interdisent ce tri.

Vingt grammes par jour et par animal suffisent, soit une petite cuillère à soupe. Vérifiez l'étiquette : pas de céréales, pas de graines de tournesol, pas de mélasse, pas de sucre ajouté, et une vitamine C stabilisée avec une date de péremption courte. Un sac ouvert perd l'essentiel de sa vitamine C en trois mois.

Vitamine C et légumes frais

Cinquante à cent grammes de légumes frais par jour couvrent le besoin, à condition de choisir les bons. Le poivron rouge culmine autour de 160 mg de vitamine C aux 100 g, le persil dépasse les 130 mg, la roquette, le fenouil et l'endive complètent utilement. Le concombre et la salade batavia hydratent mais n'apportent presque rien.

Oubliez les gouttes de vitamine C dans le biberon : la molécule se dégrade en quelques heures à la lumière et gâte le goût de l'eau, ce qui fait boire moins. Un comprimé dosé directement en bouche, ou simplement du poivron quotidien, fait mieux le travail.

À bannir sans discussion : oignon, ail, poireau, avocat, pomme de terre et ses germes, rhubarbe, graines, pain, produits laitiers, tout ce qui vient d'un rayon pour humains. Les chocs alimentaires se paient cher : toute introduction d'un nouveau légume se fait par petite quantité, un aliment à la fois, sur trois ou quatre jours.

L'eau se change quotidiennement, biberon à bille rincé au goupillon. Un cobaye boit environ 100 ml par kilo et par jour, davantage l'été.

Nos comparatifs de foins par ballot, de granulés extrudés et de râteliers anti-gaspillage détaillent les marques que nous gardons et celles que nous écartons, prix au kilo à l'appui.