Cochon d’inde

Tout pour bien s’occuper d’un cochon d’inde : alimentation, habitat, santé et comportement.

Le cochon d'Inde, ou cobaye, n'est pas un rongeur d'appoint qu'on case dans une cage à hamster. C'est un herbivore strict venu des Andes, domestiqué dès 5000 avant notre ère par les populations andines, qui pèse 700 à 1 200 g une fois adulte et vit quatre à huit ans quand on s'en occupe correctement. Beaucoup meurent bien avant, et rarement par malchance.

Sa singularité tient à une enzyme manquante. Privé de L-gulonolactone oxydase, il ne fabrique pas sa vitamine C et doit la recevoir chaque jour, environ 10 mg pour un adulte, le double chez une femelle gestante. Un cobaye carencé développe un scorbut en deux à trois semaines : démarche raide, poil piqué, refus de se lever. C'est le motif de consultation le plus évitable de l'espèce.

Second point non négociable : il ne vit pas seul. La Suisse l'a écrit dans son ordonnance sur la protection des animaux entrée en vigueur en 2008, qui interdit de détenir un cobaye seul. La France n'a rien légiféré, ce qui ne change strictement rien au besoin de l'animal. Un cobaye isolé mange moins, cesse de couiner, et se laisse aller.

Les quatre chantiers d'un bon départ

L'alimentation d'abord, parce qu'elle conditionne tout le reste. Le foin représente environ 80 % de la ration et doit rester disponible en permanence : c'est lui qui use les dents à croissance continue et qui fait tourner un transit qui ne supporte pas l'arrêt. Les granulés extrudés viennent en complément, à hauteur d'une petite cuillerée par jour, et les légumes frais apportent la vitamine C.

L'habitat ensuite. Le cobaye ne grimpe pas, ne saute pas, mais il court : il lui faut de la surface au sol, pas des étages. Les cages vendues en animalerie autour de 80 x 50 cm sont sous-dimensionnées pour un duo. Comptez plutôt 120 x 60 cm comme plancher, sur litière de chanvre ou de lin, dans une pièce tenue entre 18 et 24 °C.

La santé demande un réflexe simple : la balance. Une pesée hebdomadaire au gramme près détecte un problème deux semaines avant l'œil humain. Dents, griffes, poids, appétit : quatre indicateurs qui suffisent à repérer une malocclusion dentaire, un calcul urinaire ou des kystes ovariens, fréquents chez les femelles de plus de deux ans.

Le comportement, enfin. Le cobaye parle beaucoup. Le sifflement aigu réclame le poivron, le roucoulement apaise, le claquement de dents avertit. Le petit saut vertical des jeunes, ce que les éleveurs anglophones appellent le popcorning, signale un animal heureux. Apprendre ce vocabulaire évite la moitié des erreurs de manipulation.

Reste la question de la race, souvent tranchée sur photo. L'Américain à poil court demande dix minutes d'entretien par semaine, le Péruvien et le Sheltie à poils longs plutôt dix minutes par jour, et le Skinny sans poils exige une pièce chauffée toute l'année. Ce choix engage cinq à huit ans de quotidien.

Nos comparatifs de cages, de foins et de granulés reprennent chacun de ces points avec des modèles testés et des prix relevés, pour équiper un duo sans dépenser deux fois.